6 Nations. Affaire Ntamack Ringrose : la FFR demande des comptes à World Rugby
Après l’annonce des différences de traitement pour une même suspension concernant Romain Ntamack et Garry Ringrose, la FFR annonce saisir World Rugby.
Après l’annonce des différences de traitement pour une même suspension concernant Romain Ntamack et Garry Ringrose, la FFR annonce saisir World Rugby.

C’est une affaire qui interroge. À l’hiver 2025, le Français Romain Ntamack et l’Irlandais Garry Ringrose ont tous les deux reçu un carton rouge. Dans la foulée, les deux joueurs ont reçu une suspension de la commission de discipline du Tournoi des 6 Nations pour leurs fautes. Il s’agissait d’un plaquage haut avec contact direct à la tête dans les deux cas.

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Cette suspension a été de six semaines, réduites à trois par la commission de discipline du Tournoi des 6 Nations. Ensuite, ils ont eu la possibilité de réduire cette sanction d’encore une semaine en réalisant un stage spécifique lié aux techniques de plaquages. Ainsi, ils n’avaient plus que deux semaines de suspension à purger.

Cependant, les deux joueurs n’ont pas eu le droit au même traitement in fine. En effet, Garry Ringrose a pu utiliser la semaine d’URC du 1ᵉʳ et 2 mars pour purger une partie de sa peine. De son côté, Romain Ntamack n’a pas pu profiter de la 16ᵉ journée de Top 14, le 15 et 16 mars, pour revenir avec le XV de France dès le match contre l’Italie.

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Ntamack Ringrose, World Rugby va trancher

Face à cette différence de traitement pour une sanction identique, de nombreuses voix se sont fait entendre. Rapidement, plusieurs médias et amateurs de rugby se sont indignés. Ce lundi 3 mars, c’est la FFR qui saisit World Rugby pour dénoncer une "disparité" dans cette affaire. Dans un communiqué, la fédération indique vouloir "contribuer à instaurer une cohérence et une équité dans l'application des sanctions disciplinaires".

En amont, l’incapacité de faire valoir la suspension de Romain Ntamack sur une journée de Top 14 a été justifiée par le statut du joueur. En effet, la commission de discipline du Tournoi des 6 Nations estimaient que s’il n’avait pas été suspendu, l’ouvreur du XV de France n’aurait jamais joué avec le Stade Toulousain contre l’ASM Clermont.

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Si cette affirmation de la commission de discipline du Tournoi des 6 Nations est loin de paraître invraisemblable, elle semble purement arbitraire. En effet, la liste des joueurs protégés par le XV de France n’est aucunement fixe. Elle peut changer à chaque week-end de doublons. Ainsi, rien n'assure officiellement que Romain Ntamack aurait été automatiquement conservé du côté de Marcoussis.

De plus, il est important de noter que Romain Ntamack ne fait même pas partie de la liste des joueurs premium, dévoilée par la Ligue Nationale de Rugby en décembre 2024. Pour cause, l’ouvreur du XV de France n’avait joué aucun match international depuis l’été 2023. Ainsi, aucune convention ou liste officielle ne pouvait assurer que le Toulousain n’avait pas le droit de jouer en Top 14 sur la période du Tournoi des 6 Nations. La commission de discipline a-t-elle donc agi sur un ressenti plutôt que sur des faits ? Désormais, c’est à World Rugby d’en juger…

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Comme on fait un blocage, attitude de plus en plus fréquente depuis le COVID, on revient sur cette incapacité à accepter les conséquences de se placer sous l'hypothèse de l'absence de carte rouge car dans ce cas, la première conséquence est que cette commission n'aurait rien à redire, le joueur aurait joué tous les matchs du tournoi si l'encadrement en avait décidé ainsi. L'angle d'attaque et la cible est bien le top 14 puisque la question devient de savoir si le joueur sans carte aurait joué la rencontre du top 14, un hors sujet total. On note l'incapacité du rugby français à rejeter cette aberration. Il s'aligne sur l'aberration de la commission sans être capable de la dénoncer. Il y a une forte relation de pouvoir en jeu puisque le rugby français s'abstient de lui même de mettre au jour l'incohérence de la commission et de sa décision. C'est amusant car la commission exerce son pouvoir sans en avoir l'autorité. En niant le carton rouge du joueur, la commission reconnait de facto qu'elle n'a pas d'autorité pour traiter le cas du joueur. La commission n'a pas l'autorité pour traiter le cas d'un joueur qui n'a pas de carte rouge. Ca ne fait pas partie de ses prérogatives. Elle n'a pas à interdire à un joueur qui n'a pas de carte rouge de jouer. La FFR et le rugby français est incapable de traiter le préjudice exclusivement, elle prend l'angle d'assainir la situation pour tout le monde. Ca rappelle le cas des Noirs dans les sociétés libérales où leur situation ne pouvait pas être traitée exclusivement. On pourrait rester en France mais on passe par les Etats Unis où la lutte pour les droits civiques ne pouvait pas exclusivement bénéficier aux Noirs seuls mais devait bénéficier à tout le monde. Les Noirs ne pouvaient être restorés dans leurs droits que si tout le monde devait en bénéficier. On est sur le même schéma pour le rugby français.

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