News

COMMOTIONS - Les précieux conseils de Rémi Bonfils : ''Il faudrait une liberté de parole totale sur le sujet''

Le talonneur du Stade Français Rémi Bonfils évoque la fin de sa carrière et invite les joueurs à s'écouter.

Thibault Perrin 13/02/2020 à 13h00
Rémi Bonfils donne de précieux conseils aux joueurs de rugby.
Rémi Bonfils donne de précieux conseils aux joueurs de rugby.

Stade Français : Rémi Bonfils raccroche les crampons... avec effet immédiat !Stade Français : Rémi Bonfils raccroche les crampons... avec effet immédiat !"Depuis 2010, entre les commotions déclarées et non déclarées, j'ai dû en faire entre 8 et 10." En janvier dernier, le talonneur du Stade Français Rémi Bonfils a finalement décidé d'écouter son corps et de raccrocher les crampons. Après les maux de tête et les problèmes de concentration, il a toujours des vertiges et a repris le sport avec modération. Mais ce qui est vicieux avec les chocs à la tête, c'est ce qu'on ne voit et ne ressent pas. "J’ai l’impression que dans l’inconscient des joueurs, s’ils ne font pas une grosse perte de connaissance qui les éteint pendant plusieurs secondes sur la pelouse, ce n’est pas une commotion. On peut avoir l’impression d’être juste sonné", confie Bonfils à L'Equipe ce jeudi.

Pour autant, il n'en veut pas au rugby ni à personne. Il encourage même les gens à y jouer. "L'histoire se termine mal mais je ressens plus de la tristesse que de la rancoeur. [...] Je sais que n'aurais pas joué jusqu'à 38 ans mais j'aurais aimé que cela dure quelques années de plus. Après, si c'était à refaire, sachant même comment l'histoire se termine, je recommencerais. En mettant la tête du bon côté sur les plaquages (sourire)". Il estime que dans un sport de contacts comme le rugby, il y a une certaine part de malchance. "On peut faire des commotions sur tout et rien". Abaisser la ligne de plaquage sous les pectoraux, "c'est du bon sens" mais il ne voit pas ce qui peut être fait de plus en matière de règle. Ce sont aux joueurs de s'écouter.

Ce qui est bâtard avec une commotion, c’est que, souvent, quarante-huit heures après, vous pouvez refaire du sport, alors que votre cerveau a besoin d’une véritable plage de récupération. Les joueurs ont le devoir de s’écouter, parce qu’une fois la mécanique négative enclenchée, cela devient difficile de s’en sortir. Et puis le neurologue va tirer des conclusions sur ce que le joueur lui dit. Or s’il ne lui dit pas tout…

Sans vouloir faire la leçon à qui que ce soit, il aimerait que son expérience aide ses coéquipiers et les futurs joueurs à jouer au rugby avec plus de sécurité et à ne pas être contraint de dire stop trop tôt. Pour cela, une meilleure prise en charge de l'athlétisation des joueurs visant à se renforcer au maximum est primordiale à ses yeux. À ce titre, le travail de renforcement des cervicales ne devrait pas seulement être effectué par les premières lignes, exposés à cause de la mêlée, mais "étendu du 1 au 15". Sans oublier la technique de plaquage. "Le message est vraiment que les joueurs prennent soin d’eux, qu’ils s’écoutent et que les staffs fassent de la prévention. Il faudrait une liberté de parole totale sur le sujet.

Cballo
Cballo
Bien sur il y a la technique de l’autruche... Je ne vois rien d’agressif dans les propos de Remi et encore moins de chasse à quoique ce soit. On peut se voiler la face jusqu’aux accidents qui entraîneront des décisions dans l’urgence ou utiliser l’expérience de mec bien comme lui pour chercher des solutions.
lelinzhou
lelinzhou
@Yuldebegles @duodumat @amoureuxdubeaujeu etc... Suis un peu embêté en lisant vos commentaires. Si nous ne faisons pas un effort pour comprendre avant de réagir, nous allons devenir le forum de RR sans les insultes. Yuldebegles s'est montré inutilement agressif envers Bonfils, et le terme de "chasse au sorcières" est bien sûr totalement inadapté. Pour autant il expose des choses que nous ne pouvons pas réfuter : - Le fait que l'on parle beaucoup des commotions parce que le rugby est plus médiatisé ne me parait pas stupide. Peut-être sont-elles plus graves aujourd'hui du fait de l'augmentation du poids et de la vitesse des joueurs mais à ma connaissance nous n'avons aucune statistique sur les problèmes neurologiques des joueurs de mon âge ayant pratiqué assez longuement il y a 50 ans (fréquence du Parkinson en particulier, perte de mémoire etc...) par rapport à la population lambda). - Le fait qu'il y ait beaucoup plus de médiatisation sur les dangers du rugby par rapport à d'autres sports accidentogènes est réel, mais là aussi il faudrait une statistique sur la morbidité immédiate et à long terme et la mortalité rapportées au nombre de pratiquants pour voir où se situe le rugby.. - Dire que la pratique du rugby présente des risques est une évidence, mais maintenant s'ajoutent aux accidents les conséquences à long terme dont on ne parlait pas avant. - Dire que ce n'est pas une raison de pratiquer ce sport lorsqu'on en est informé semble tout aussi évident. Mais être informé des dangers qu'il présente c'est déjà pouvoir réduire les risques. - Ce qui me parait important c'est que Yuldebegles ne minimise pas le problème puisqu'il évoque un travail d'éducation dans les écoles de rugby. Il aurait pu évoquer aussi les mesures prises depuis peu : protocole commotion, règles de plaquage, lutte contre le jeu déloyal etc... Ce n'est certes pas suffisant mais c'est un bon début. Tout ce laïus pour dire que si la forme est regrettable il y a beaucoup de choses dans son poste qui ressortent du simple bon sens et qui ne devraient pas offrir matière à s'insurger.
Il est pas un peu bizarre ce ballon...
Il est pas un peu bizarre ce ballon...
Le rugby est un sport de contact. Par conséquent les commotions font partie des risques inhérents à sa pratique et doivent donc être pris en charge correctement (apprentissage d'une bonne technique de plaquage, entrainement spécifique renforcé des 1ères lignes, ...). A titre personnel, nous essayons chaque saison de faire faire des sessions de judo à nos gamins, histoire de savoir tomber sans cogner la tête. Une remarque pertinente que l'on m'a faite une fois est que les généralistes ne connaissent pas forcément les spécificités du retour à la compétition après une commotion. Une suggestion était de leur faire parvenir, via le joueur ayant subi une commotion ou ses parents, la fiche SCAT5 https://casem-acmse.org/wp-content/uploads/2019/01/scat5-Frenchl.pdf Celle-ci propose une grille d'évaluation en cabinet (p.3) ainsi qu'un protocole de récupération et de reprise du sport (p.8) A vous (parents, éducateurs, joueurs) d'en faire ce que vous voulez
Yuldebegles
Yuldebegles
C'est ca Bonfils. Participe a la chasse aux sorcieres... Notre sport avait besoin de ca. Les ecoles de rugby se vident et on continue. Les footballeurs et tennismen pros n'ont plus de cartilage dans les genoux, les surfeurs se noient et se fracturent le rachis (40 surfeurs par ete en fauteuil roulant a vie en Aquitaine uniquement), les skieurs se tuent ou finissent en plante verte comme Schumacher (meme quand ils ne sont pas pro), les enfants qui font du cheval se tuent et finissent en fauteuil roulant (a hauteur de 700 morts par an en Europe et 6000 blesses dont des graves, selon l'assureur Equisure, et encore pas que les pros et champions olympique, mais le quidam qui fait du manege). Je ne parle pas des boxeurs (heureusement ils ne se plaignent pas autant dans les journaux des concussions... a titre d'experience personnelle, j'en faisait presque une par semaine a l'entrainement uniquement.. sans compter les fractures du nez, le tympan et la retine dechiree, traumatisme de l'articulation de la machoire etc). Mais la menagere francaise de plus de 40ans va s'empresser de mettre ses petits Mozart en face de la Xbox toute la journee avec un pot de popcorne et un grand coca. Au moins il ne risquera que de mourir diabetique et obese, sans amis, voire accelerer le procede en se suicidant parce qu'il n'a pas d'amis.
lelinzhou
lelinzhou
On n'a plus de nouvelles du casque "miracle" présenté ici il y a quelques mois et qui devait être une avancée décisive dans la lutte contre les commotions. des nouvelles ?
duodumat
duodumat
La connaissance de la dangerosité du rugby ne date pas d'aujourd'hui. A la fin des années 60, je jouais en universitaire pendant mes études médicales, et un neurochirurgien parmi nos maîtres nous avait déjà parlé des conséquences à long terme des traumatismes crâniens répétitifs. Cela avait inquiété un certain nombre d'entre nous mais n'avait pas changé notre pratique sportive. Quelques décennies plus tard on en a de nombreuses preuves anatomiques et on dispose d'examens complémentaires fins qui permettent des diagnostics. On sait aussi que, même sans preuve objective, et même sans KO avéré, le risque existe de développer ces pathologies dégénératives. Les décisions prises contre le jeu dangereux ne sont pas vraiment adaptées. Pire, on "fait taire" des gens qui ont une vraie compétence pour en parler. Pire encore, dans de nombreuses écoles de rugby on néglige ces aspects et on entend trop souvent des encadrants, et même des parents, inciter des gamins de 12 ans à durcir les contacts. De 10 ans à 30 ans, qui peut dire le nombre de commotions plus ou moins importantes, plus ou moins identifiées, qu'un joueur va subir et quelles vont en être les conséquences ? Les décisions prises au plus haut niveau sont plus destinées, à mon sens, à se donner bonne conscience qu'à traiter le problème. L'apprentissage technique dès le plus jeune âge est une des solutions. Mais il faudrait aussi durcir la règlementation des repos post-traumatiques et surtout l'appliquer. Ce n'est pas en répondant à quelques questions que l'on évite les conséquences d'un choc. Les instances internationales testent le port d'un "nouveau casque" de protection. Cela n'a aucun sens et n'apporte aucune protection réelle quelle que soit la technicité du casque (il évite tout au plus les plaies du cuir chevelu). Il faudrait aussi donner aux experts médicaux plus d'autorité et d'indépendance face aux dirigeants qui dépendent trop des impératifs économiques et politiques de la pratique de ce sport, pardon, de ce métier ! Bien entendu il y a eu des progrès, mais il me semble que l'on ne peut s'en contenter, il faut aller beaucoup plus loin. Je suis sincèrement heureux que mes petits enfants qui n'aient pas choisi ce sport .. que pourtant je persiste à aimer !
Le Haut Landais
Le Haut Landais
Il y a un gros problème d'education/formation a faire auprès des joueurs, entraineurs, parents sur les chocs au niveau de la tete et cou. Ayant forme a l'ancienne, j'ai bien trop souvent neglige de faire attention a ma tete, il fallait arrêter le mec en face avant tout. A l'époque, on n'en savait pas autant que maintenant, un petit KO ca n'était pas bien grave mais maintenant on sait et il faut changer cette perception du rugbyman testosterone et male (on n'est pas des fiottes apres tout!) et insister sur la santé. J'entraine des filles, c'est beaucoup plus facile pour elles de dire qu'elles pensent qu'elles doivent sortir ou ne pas s'entrainer pendant quelques temps pour récupérer. Bon, les filles sont plus intelligentes mais si on a réussi avec elles, on devrait pouvoir le faire avec les garçons aussi.
Yonolan
Yonolan
Sincèrement ce sujet est mis sous le tapis parce qu'on a peur des conséquences pour le rugby spectacle Et ça c'est très grave et ça deviendra de plus en plus une des raisons pour lesquelles les parents n'ont aucune envie que leurs gosses fassent du rugby Et pourtant on a juste à regarder ce qui se passe au niveau du foot américain Bennet Omalu... Voilà un nom qui parle à ceux qui se sont intéressés aux traumatismes crâniens et aux encéphalites traumatiques chroniques Comme un film lui fut consacré en 2015 avec Wild Smith, son nom et son histoire ont eu une plus large audience Il fut le premier à découvrir sur le cerveau d’un ancien joueur de rugby professionnel les séquelles de cette maladie (protéines Tau ) qu’il contribuera à nommer d’ailleurs en 2005 Et oui actuellement on ne peut diagnostiquer surement que…post-mortem même si en novembre 2017, le premier cas d'encéphalopathie traumatique chronique a été confirmé sur un patient vivant. Lorsqu’il publia ses premiers comptes rendus il fut l’objet d’une chasse aux sorcières avec intimidations personnelles de la NFL (qui gère le foot américain) et qui livra un combat pour qu’on ne fasse pas le lien entre la pratique du sport et cette maladie Des médecins spécialistes allèrent jusqu’à mentir … Omalu évoquera un entretien avec un des dirigeants de la FNL qui lui expliquera l’importance de ne pas affoler les parents pour que ceux -ci continuent à amener leurs enfants dans ce sport… Mais la vérité finit par éclater quand même et la NFL versera quasiment un milliard de usd aux familles pour éviter des procès … On sait aujourd’hui que 3 commotions sévères sont la limite raisonnable à ne pas franchir dans la carrière d’un sportif pour minimiser le risque ultérieur d’ETC Mais les commotions cérébrales ne sont pas les seules choses à bannir Les coups sur la tête aussi même s’ils entraînent pas de commotions cérébrales mais qu’ils sont régulièrement répétés sont une cause des ETC D’ailleurs lorsqu'on évoque les statistiques de la NFL qui font état d'une baisse de 35% du nombre de commotions cérébrales recensées sur les trois dernières années (grâce notamment à une modification des règles qui proscrivent désormais les chocs casque contre casque) Omalu rentre dans une colère froide "C'est une manipulation de la science (...) Le nombre de commotions cérébrales n'est pas significatif si le nombre de coups reçus à la tête reste identique, et les dommages sont irréversibles" Et en France me direz-vous ? Et bien on à perdu 45000 licenciés en trois ans ; la faute selon Bernie aux mauvais résultats de l'EdF et au fait qu'on n'ait pas de joueur phare qui attirerait.. Et que le rugby n'est pas plus dangereux que la pétanque simplement parce qu'on déplorait le même nombre de décès en...2010 Bon on va y croire... Et si vous tenez compte du rugby féminin qui se développe, le gap en masculin est plus fort On nous dit que le nombre de commotions cérébrales diminue... les déclarés ou les pas déclarées au final ? et d'ailleurs les pas déclarées c'est le fait des joueurs seuls ? Les spécialistes au message non accrédité par la FFR éliminés du débat tel le professeur Chazal Mais au final si le rugby est avant toute chose un sport formateur qui revendique des valeurs haut et fort , est-il normal qu'il ne se préoccupe pas de la santé post-carrière des joueurs ? Je le redis les commotions cérébrales sont le poison lent du rugby et ce sport ne peut pas se permettre que les joueurs aient une telle épée de Damoclès sur la tète
cahues
cahues
Un bon gros bouchon et tout un stade rugit de bonheur. L'envers du décor par contre, pas très rassurant pour les pratiquants.
ginobigoudi
ginobigoudi
Pas d'omerta, des clubs, des instances, des médecins... Et des actionnaires... Le sportif et donc la santé des joueurs doivent impérativement passer avant les intérêts financiers... On en est loin...
Derniers commentaires

Connectez pour consulter les derniers commentaires.