Le président de l’Union Bordeaux-Bègles, Laurent Marti, n’est pas du genre à mâcher ses mots. Dans un entretien accordé à Sud-Ouest, le patron de l’UBB a dit tout haut ce que de nombreux dirigeants du Top 14 murmurent tout bas : l’affaire Jaminet et l’amende infligée au Stade Toulousain posent de vraies questions sur l’équité sportive... et sur les failles du Salary Cap.
"Pourquoi une amende plus faible que celle de Montpellier ?"
Rappel des faits : Toulouse est accusé d’avoir contourné le Salary Cap pour faire venir Melvyn Jaminet. Résultat, une médiation avec le régulateur financier du rugby pro (l’A2R) et une amende de 1,3 million d’euros. Pour Marti, ce chiffre est loin d’être anodin :
« Ce qu’on a vu, c’est que Montpellier avait pris en son temps une amende de 3 millions d’euros, celle du Stade Toulousain est de 1,3 million. Pourquoi et comment, on ne sait pas. »
Le président girondin plaide pour plus de transparence dans les négociations et une refonte en profondeur du règlement actuel. Il ne conteste pas la décision de la LNR, mais questionne un système qu’il juge trop permissif :
« La Ligue a appliqué le règlement qui avait été voté. Elle ne pouvait pas aller plus loin, et c’est ce qui me dérange. »
Triche financière, sanctions sportives : Marti veut durcir le ton
Marti va même plus loin : selon lui, une simple amende ne suffit pas à garantir l’équité. Il réclame des retraits de points, voire des sanctions plus lourdes en cas de récidive. Il n’hésite pas à pousser le raisonnement jusqu’à l’absurde :
« Un milliardaire [...] pourrait décider de dépasser le salary cap de 5 ou 10 millions d’euros, gagner un titre [...], plaider coupable [...] et écoper d’une amende rabaissée. »
Un scénario qui, selon lui, pourrait créer un déséquilibre durable dans le championnat. Il alerte sur la possibilité de voir émerger un "PSG du rugby" : une équipe hors de portée, financée sans limite, faussant la compétition.
« Si demain, on laisse un PSG se fabriquer, [...] neuf fois sur dix, on va connaître le vainqueur du championnat. Ce n’est pas ce qu’on veut. »
Le crédit international, un autre levier d’inégalité ?
Autre point de crispation : le crédit accordé aux clubs pour les internationaux. La liste des joueurs "Premium" pour la saison prochaine révèle un écart conséquent : 14 joueurs éligibles pour Toulouse, 5 seulement pour Bordeaux "car Damian Penaud n’est pas éligible". Pour Marti, ce déséquilibre pèse sur la construction de son effectif :
« On n’arrive pas à boucler le recrutement comme on le voudrait. [...] Ça peut mettre notre saison en l’air. »
Et pour ne rien arranger, les titres remportés (Top 14 ou Champions Cup) donnent droit à un bonus de 500 000 euros de Salary Cap. Marti en tire une conclusion simple :
« Si en plus tu triches, tu deviens inaccessible. »
"Gagner sur le terrain, pas en coulisses"
Malgré tout, le président bordelais reste lucide. Il reconnaît la qualité du travail effectué à Toulouse et affirme entretenir de bonnes relations avec Didier Lacroix. Mais il insiste :
« Si tu dépasses, tu triches et tu fausses l’équité sportive. »
À l’heure où plusieurs présidents montent au créneau, comme évoqué dans notre précédent article, la sortie de Marti pourrait bien relancer le débat au sein de la Ligue. Un débat crucial pour un rugby pro qui cherche encore l’équilibre entre performance, justice... et gros sous.
Et donc la saisine de l'A2R ( FFR +LNR) ne va rien changer ni même en rajouter car la FFR n’a aucune prérogative sur le SC et que la LNR ne pourra pas s’y exprimer
Alors oui il faut effectivement que les choses soient plus claires quand aux sanctions et qu’elles incluent effectivement des sanctions terrains et donc que de nouvelles règles entre en vigueur
Là s’arrête mon accord avec lui
D’abord ce ne sont pas que les milliardaires qui sont borderline avec le SC et qui peuvent le dépasser
Car s’il y a un une grosse différence dans les budgets des clubs, au moins 10/12 clubs sont limite en termes de masse salariale
Ce qui ne veut pas dire que les clubs trichent mais optimisent et c’est normal pour rester du bon côté de la barrière
Exemple de son club
Finances (en 2023)
Budget (2024-25) : 34,154 M€
Chiffre d’affaires net : 28,217 M€
Masse salariale (hors charges) : 12,129 M€
Total des dépenses : 30,74 M€
Bénéfices/Pertes : 1,301 M€
Pour un SC de 10.7 Millions d’euro
Ce qui effectivement l’oblige à avoir un la manne de la FFR pour ses internationaux pour boucler son budget et pouvoir conserver ses joueurs top et ne pas basculer du mauvais coté
Ensuite j’entend parler de récidivistes pour lesquels il faut être plus durs (pas par lui d’ailleurs)
Mais il faudra définir les récidives
Quand un club est condamné à une amende pour manque de transparence, il ne s’agit en rien d’un dépassement de salary cap et donc cela n’a pas à rentrer dans ceux qui le dépassent
Ensuite il fait semblant de ne pas comprendre pas la différence entre le montant du MHR et du ST
En réalité il sait très bien que les deux cas sont totalement différents
Oui dans les deux il y a une volonté repréhensible de cacher les choses
Mais pour le ST c’est un one shot de maxi 500 Ke de dépassement alors que pour le MHR il s’agit de 3 saisons
Avec des amendes d’environ 600 Ke pour les deux premières et surement une majoration pour l’œuvre complète car la médiation n’a été demandé que pour la troisième
Ou je le rejoins c’est que ce manque de transparence est anormal
Alors oui sifflons la fin de la récréation et instaurons un système crédible, pas à la tête du client