C’est une nomination qui pourrait bien peser lourd dans les années à venir. Abdelatif Benazzi, ancien joueur emblématique du XV de France, a été désigné président du Conseil du Tournoi des Six Nations. Si ce n'est pas une première pour un Français. C'est tout de même une avancée significative pour les intérêts tricolores au sein de l’arène politique du rugby mondial. Mais derrière cette belle reconnaissance se cache une ambition bien plus large : rééquilibrer les rapports de force économiques entre nations du nord, et rendre à la France la place qu’elle mérite.
« On génère 26 %, on touche 16 » : un déséquilibre à corriger
Benazzi ne mâche pas ses mots sur les ondes de Sud Radio. Pour lui, la France est clairement perdante dans la répartition actuelle des droits commerciaux liés au Tournoi des Six Nations. « On génère 26 % des droits commerciaux, mais on reçoit que 16 %. C’est les Anglais qui sont leaders là-dessus », indique-t-il. Un déséquilibre hérité, entre autres, des accords signés avec le fonds d’investissement CVC, qui détient désormais 13 % des revenus à vie. Un deal structurant, mais qui pèse lourd sur les finances françaises.
Et pourtant, l’Hexagone brille. En termes d’audience, de billetterie, de dynamisme économique du rugby, la France se pose comme le moteur du rugby européen. « Avec les Anglais, on gère à nous deux 80 % de l’économie du rugby mondial », rappelle Benazzi. Alors, forcément, la volonté de peser à la table des grands est plus forte que jamais.
La France, un modèle à faire connaître
Mais pour exister dans ces instances, encore faut-il être présent, humblement mais sûrement. « Il fallait absolument peser à l’international parce que notre modèle, il est viable, il est envié des fois, mais il fallait le faire connaître », explique Benazzi. Cela passe par une stratégie de lobbying, une implication dans les commissions, et une participation active aux discussions. « On fait un travail remarquable avec la FFR et la LNR depuis des années », souligne-t-il.
Et c’est justement ce travail de fond qui a payé. Sa nomination est le fruit d’un long processus d’intégration et de respect mutuel avec les autres nations. « Ce n’est pas gagné, c’est un combat tous les jours », confie-t-il, lucide. Mais aujourd’hui, Benazzi veut incarner une voix unie : celle d’un rugby du nord qui parlerait d’une seule voix, avec clarté et ambition.
La guerre des droits TV et l'enjeu stratégique pour la FFR
Le timing est également stratégique. À la fin de cette année, les droits de diffusion du Tournoi des Six Nations arrivent à échéance. Et les prétendants sont nombreux : France Télévisions, diffuseur historique avec des audiences record, doit faire face à un retour offensif de TF1. « En France, les compétitions ont été exceptionnelles, on est les meilleurs en Europe », assure Benazzi. Autant dire que l’enjeu est capital pour la Fédération.
D’autant que la répartition actuelle des revenus ne reflète pas la réalité économique. D’où la nécessité, pour la FFR et ses représentants dans les différentes commissions, de porter une voix forte et argumentée. L’objectif est clair : « Il faut que la France retrouve son standing. » Car aujourd’hui, l’argent généré par les Bleus ne revient pas à sa juste valeur.
Un Tournoi puissant mais fragile
Ce que Benazzi veut rappeler aussi, c’est que malgré son prestige, le Tournoi reste fragile. « Le rugby est un sport fragile. Croyez-moi, chez les nations du nord, beaucoup sont en souffrance », prévient-il. L’Irlande a perdu 9 millions d’euros, les Gallois et les Écossais sont à la peine. La France, malgré sa puissance, affiche un déficit. Il est temps, dit-il, de jouer collectif.
Et ce collectif, Benazzi entend bien le renforcer depuis son poste. Pas pour imposer une domination tricolore, mais pour favoriser une coopération intelligente. « Il n’y a pas de nationalité qui prime, c’est juste des idées à partager. » Une posture lucide, humble, mais stratégiquement affûtée.
Derrière la question des droits commerciaux, se pose aussi celle de l’avenir du rugby. Règlement du jeu, gestion des compétitions, concertation avec World Rugby : Benazzi voit grand. « Il ne faut pas que ce soit deux institutions séparées, mais deux entités qui travaillent côte à côte », avance-t-il. Car si le rugby veut rester attractif, il devra s’adapter et innover… sans perdre son âme.
En tant que président du Conseil du Tournoi des Six Nations, Benazzi n’a pas simplement hérité d’un titre honorifique. Il a reçu un mandat de confiance, dans un contexte tendu mais plein d’opportunités. À lui, désormais, de faire entendre la voix du rugby français, non pas au détriment des autres, mais pour bâtir un avenir plus équitable. Pour la France, mais surtout pour le rugby.
gjc
Il serait intéressant de comprendre comment ce 16% a été calculé initialement. Est-ce qu'il reflète le nombre de téléspectateurs par nation? ou est-ce qu'il reflète la part d'audimat total de chaque équipe?
Le fait que CVC prenne 13% du gâteau est une belle erreur pour ne pas dire plus, mais indépendant de la question de comment répartir le reste du gâteau entre les 6 Nations.
Yonolan
Le traitement de l'arrivée de CVC dans le T6N par Bernie a laissé des traces
N'y voyons pas que de l'incompétence avérée mais aussi un plan de carrière
On sait que Bernie a acheté la coupe du monde et il se voyait bien champion du monde en France
Et ensuite une voie royale vers le remplacement de Beaumont à la tête de WR et se faire remplacer par Atcher à la tête de la FFR
Mais ce plan a capoté avec ses liaisons dangereuses avec Mohed et leurs conséquences judiciaires
Pour au final laisser un trou de 57 millions d'euro uniquement pour la CDM et un déficit structurel de 16 Millions d'euro annuel
Deficit couvert en grande partie par CVC et ses 13.5 Millions annuel pour la FFR mais qui vont cesser dans deux saisons
Là aussi Bernie avait besoin de la manne de CVC pour avoir un bilan plus présentable
Alors il oubliera de signaler que CVC empocherait 14.3 % des revenus du de «New Co», filiale créée par Six Nations Rugby Limited, la branche commerciale des Six Nations, à compter de son entrée : oui nous sommes réellement à un Tournoi des 7 nations au niveau financier
Et il ne communiquera aucun élément essentiel ni à son codir (donc opposition) ni aux présidents des clubs alors que cet engagement était lourd et long pour le rugby français
Lui qui avait prôné la démocratie par consultation des présidents étonnant qu’il n’ait pas voulu un vote des présidents sur ce sujet
Echaudé par le vote surement lors de la modification des horaires de C+(caviardé) et de l’entraineur étranger …
Donc aucune volonté de la bande à Bernie de profiter de l’introduction de CVC pour renégocier les répartitions des masses financières en fonction du poids réel et non historique pour le T6N
Bon courage pour que la FFR puisse gratter des revenus supplémentaires, indispensables pour la fin d dans 3 saisons des 13.5 millions annuels de CVC
Pour information 1 point de gratté c'est à peu près 1 Million d'euro
AKA
L'autre à WR et Atcher aux manettes de la FFR, quel cauchemar!!! J'en ai encore des frissons, pire que Trump/Musk 😱
math1907
Quelqu'un est capable de nous dire combien on généré quand ça a été signé ?
Après il dit qu'il va renégocier. C'est cool, mais est-ce réellement possible, pour quelle raisons et sous quelles conditions ?
Parce que si du coup on récupère plus, forcément un ou d'autres auraient moins !
Passovale
Selon un article de l équipe, cvc détient 1/7 du 6 nations ce fond de pension est censé développer les droits tv par l intermédiaire de New co détenteur des droits tv dont une partie du capital est détenu par Cvc 15 %. Les fédérations touchent une somme dont la répartition (obscure) serait pour l Angleterre 111 millions, Galles 59, Irlande 56 Ecosse 52, Italie 45 Fce 100 sur 5 ans. Cvc intervient aussi sur le dvpt des tournees d automne.
Pour finir, cvc a investi ds le chpt anglais et le pro 14.
Bref le tournois n est plus maître de grand chose.
math1907
Merci Pour ces infos.
Mais du coup quelle marge on a pour renégocier notre part et en rognant sur les parts de qui ?
potemkine09
Le discours me plait, voyons maintenant les actes, la seule chose qui compte.
Qu'apporte CVC et comment s'en débarrasser ?