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Champions Cup. Les frères Willis au rendez-vous, un banc toulousain absent : la défaite des Rouge et Noir en chiffres

Un passage à vide dans le dernier quart d’heure a suffi aux Sarries pour venir à bout de Toulouse, et les chiffres montrent la supériorité des locaux.

Nathan Heuillet 12/01/2026 à 18h00
Toulouse a rencontré un OVNI nommé Tom Willis et s’est fait dépasser dans l’engagement. © beIN Sports
Toulouse a rencontré un OVNI nommé Tom Willis et s’est fait dépasser dans l’engagement. © beIN Sports

Les Toulousains ont connu des lundis bien moins douloureux, surtout dans la meilleure des compétitions européennes. Face aux Saracens, les Rouge et Noir n’ont pas su renverser la vapeur après un net passage à vide dans le dernier quart d’heure du premier acte.

Trois essais en dix minutes : le constat semble affligeant pour cette équipe du gratin européen. Les Saracens ont joué cranement leur chance, et ça a payé. Grâce à une conquête solide et à de brillantes individualités, les Anglais remportent une victoire décisive dans la course à la phase finale de la Champions Cup.

Portés par un Tom Willis exceptionnel, élu meilleur joueur de la partie, les coéquipiers de Maro Itoje ont remis l’église au centre du village.

Jack Willis alerte sur le ''gros problème'' du Stade Toulousain après la défaite amère à GlasgowJack Willis alerte sur le ''gros problème'' du Stade Toulousain après la défaite amère à GlasgowLes chiffres : Willis² indispensableS, Dupont au four et au moulin

Difficile de passer à côté de la performance des deux frères Willis si vous avez suivi la rencontre. Comme à son habitude, Tom Willis, le joueur des Saracens, s’est montré décisif pour son équipe, toujours dans son registre de puissant porteur de balle.

Le cadet de la famille Willis s’est distingué en étant élu homme du match, et les statistiques plaident clairement en faveur de cette distinction. Il est le joueur qui a battu le plus de défenseurs des deux équipes, avec huit éliminations. Très actif, il a porté le ballon à 17 reprises pour 50 mètres gagnés, inscrivant un essai en fin de première période.

Évidemment précieux en attaque dans un registre qu’on lui connaît bien, il n’a pas chômé en défense avec 14 plaquages réussis et un turnover. Une prestation savamment menée qui a conduit son équipe à la victoire, au nez et à la barbe de son aîné.

Jack Willis s’est, de son côté, une nouvelle fois montré essentiel pour le Stade Toulousain. L’ancien joueur des Wasps a très certainement été le meilleur Toulousain de la rencontre. Malgré la défaite des siens, il s’est montré omniprésent dans le jeu.

Deuxième meilleur plaqueur du match avec 17 plaquages (derrière Jamie George et ses 18), il a également remporté quatre turnovers dans les rucks, là encore le meilleur total de la rencontre. Sollicité à 16 reprises ballon en main, il a parcouru 51 mètres et signé un franchissement.

Du grand Jack Willis, dont la performance n’a fait qu’accentuer les regrets de la presse britannique concernant la non-sélection annoncée des deux frères, pensionnaires du Top 14 la saison prochaine.

Derrière eux, Antoine Dupont n’a pas démérité. Difficile de s’exprimer pleinement, même lorsqu’on est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire, lorsque la conquête est mise à mal. Le capitaine toulousain s’est surtout illustré en défense avec 13 plaquages, autant que Thibaud Flament et un peu plus que Santiago Chocobares (12).

Positionné à l’ouverture dans les dernières minutes, il n’a pas réussi à peser davantage sur la rencontre, bien cadenacé par son vis-à-vis.

Ben Earl, Max Malins et Owen Farrell en parfait Supersub

C’est très certainement ce qui a fait la différence dans le second acte. Avant l’heure de jeu, alors que Toulouse commençait à remettre la main sur le ballon, Mark McCall a fait entrer ses internationaux Ben Earl et Owen Farrell.

Fort de ses 112 sélections avec le XV de la Rose, l’ancien joueur du Racing s’est immédiatement mué en patron derrière, dictant le tempo aussi bien en attaque qu’en défense. Il a également inscrit une pénalité précieuse, mettant ses coéquipiers à l’abri d’un essai adverse.

Mais la palme du meilleur super sub de la soirée revient sans doute au duo Ben Earl – Max Malins. L’habituel numéro 8 de l’Angleterre, laissé sur le banc au coup d’envoi en raison de l’excellente performance de Tom Willis, a livré une entrée convaincante, avec 22 mètres gagnés ballon en main.

De son côté, Max Malins, titulaire habituel, avait la lourde tâche de suppléer le double marqueur Rotimi Segun. Là encore, il s’est montré efficace, battant deux défenseurs et parcourant 22 mètres en seulement 12 minutes de jeu.

Benjamin Bertrand surnage, le banc de Toulouse à la peine

En procédant à ses changements, Ugo Mola espérait sans doute raviver l’élan de son équipe, mise à mal par des conditions climatiques difficiles et une pelouse synthétique peu familière. Mais l’effet escompté n’a pas été au rendez-vous, et le banc toulousain a souffert de la comparaison avec celui des Saracens.

Statistiquement, aucun remplaçant n’a réellement signé une entrée à la hauteur d’un match de Champions Cup. Seul Benjamin Bertrand, l’une des révélations du début de saison, a surnagé, avec quatre ballons joués et un turnover gagné.

Pour le reste, pas d’éclair de génie, peu d’impact visible et une impression générale de manque d’élan. Difficile, dans ces conditions, de tirer un bilan positif des prestations de Paul Mallez, Peato Mauvaka ou Lucas Vignères, qui avaient pourtant beaucoup à prouver sur cette rencontre.

Jacques-Tati-en-EDF
Jacques-Tati-en-EDF
Sur des matchs comme ça, certains joueurs ont manqué: Merkler, Colombe, Baille en gros porteurs sur la fin de match. Barassi aussi au centre. Et peut-être NTK ? J'ai pas trouvé Dupont si "au four et au moulin" ... Et certains joueurs comme Jelonch, Costes, ou Roumat un peu en dedans.
Jak3192
Jak3192
"Dis m'sieur ! On peut pas jouer Clermont ? Les autres les rencontrent, leur colle des valises et récupèrent 5 points !" 🤭 Demi blague passée, Costes / Vigneres c'est pas mal mais Ahki / Mallia c'est sûrement mieux. Dommage 🤷‍♂️
Vieille Gloire
Vieille Gloire
Ĺe rugby de mouvement commence, et il est obligatoirement produit par des duels gagnés, donc par l’engagement. Sans cet engagement, le jeu développé par le Stade Toulousain n’est pas possible. Sur ce match, ils n’y étaient pas : pas dans les impacts pas dans les collisions pas dans la conquête Je pense que le Stade a clairement laissé filer ce match, parce que l’objectif est ailleurs : le Top 14, le Brennus, le quatre à la suite. Ne pas refaire la même erreur qu’en 2022 : aller gagner partout en Irlande à l’extérieur, pour ensuite tomber en demi-finale face au Leinster, et surtout perdre la demi-finale de Top 14 contre Castres. Aujourd’hui, la Vierge Rouge est en ligne de mire. Et c’est ce qui compte le plus.
pascalbulroland
pascalbulroland
Toujours aucun article sur le plus beau match de cette journée : Leinster - La Rochelle...