Un scénario cruel
Malgré une magnifique entame de match, avec un essai de Cyril Baille (auteur d’un doublé), les Bleus n’ont jamais réussi à creuser l’écart face à des Springboks féroces en défense.
L’essai de l’ailier des Bulls Kurt-Lee Arendse en contre, résume bien le plan de jeu des Sud-Africains. Enchaîner les jeux au pied de pression en se nourrissant des maladresses françaises sur les ballons hauts.
Une stratégie payante avec un Damian Penaud en difficulté dans ce secteur, et plus globalement dans son duel face à Cheslin Kolbe. L’ancien joueur du RCT à lui aussi inscrit un essai en contre suite à un jeu au pied.
Des essais concédés trop facilement, alors que les coéquipiers de Peato Mauvaka (brillant et omniprésent dans ce match) devaient enchaîner les temps de jeu pour marquer, face à une défense très agressive.
L’importance du banc
Rentrés dès le début de la seconde mi-temps, les remplaçants Springboks ont fait basculer le match en la faveur de la nation arc-en-ciel.
Handré Pollard et Faf de Klerk ont pu gérer le tempo du match, sans coup d’éclat ni créativité, mais en repoussant le XV de France dans sa moitié de terrain constamment.
Du côté des avants, les piliers Ox Nche et Vincent Koch ont fait beaucoup de mal à la mêlée française.
Kwagga Smith a également impressionné par son abattage en défense et sa présence dans les rucks. C’est d’ailleurs l’auteur de la pénalité (litigieuse) de la gagne d’Handré Pollard en fin de match avec un contest, récompensé par Ben O’Keeffe.
Un arbitrage contesté
L’arbitre néo-zélandais a pris des décisions qui ont fait débat, notamment sur la dernière pénalité qui donne la victoire à l’Afrique du Sud.
Une pénalité qui récompense le grattage de Kwagga Smith, même si, après avoir revu la vidéo, on s’aperçoit que le troisième ligne attaque clairement le sol avant le ballon, sur quatre appuis.
Le capitaine des Bleus Antoine Dupont a déclaré à ce sujet :
‘’Je ne suis pas sûr que l’arbitrage ait été au niveau de l'enjeu. Je pense qu’il y a des choses claires, évidentes, qui sont faciles à siffler et qui ne l’ont pas été.’’
Le sélectionneur des Bleus Fabien Galthié et néanmoins revenu sur le match des champions du monde en titre en conférence de presse d’après match :
‘’Cela n’enlève rien à la performance des Sud-Africains, qui nous ont dominé en deuxième période. Ils ont fait un grand match.’’
Et pour un point nous allons ranger pour quatre ans de plus nos espoirs mais de la façon la plus amère dans le premier match à élimination directe
Parce que ce n’est rien un point
D’ailleurs rien de vaut un point de marque sur le pré
Et pourtant c’est une frontière irrémédiable entre ceux qui descendent groggy du train de la compétition et ceux qui vont continuer jusqu’à à la prochaine station dans leurs wagons bruyants
Un point c’est la fin de ce voyage là et de l’engouement des supporters qui vont ranger drapeaux, maquillage et maillots
Un point c’est si peu que cela nous fait tout grossir
Les absents, les blessés, les décisions arbitrales vraiment douteuses pour certains, les comportements des joueurs , la stratégie …
Pour un point Martin perdit son âne dit ce proverbe à l’étrange histoire
Mais alors qu’à perdu notre rugby hier ?
Plus qu’un match et une compétition ?
L’hémisphère Nord qu’on voyait depuis la période Covid avoir pris un avantage sur l’Hémisphère Sud et qui va placer uniquement l’Angleterre au jeu si restrictif dans le dernier carré et encore grâce à des poules de constitutions fantaisistes a lui perdu de sa superbe
Cette Angleterre là en demie : un gag qui a du mal à nous faire rire ce matin
L’Irlande aussi peut l’avoir amère mais elle aura du mal à continuer à rêver tellement c’est la fin d’une génération dorée et que l’on ne voit pas comment elle pourra se reconstruire sur ce prochain cycle de 4 ans à son niveau actuel avec une relève qui semble si aléatoire
Mais la France dans 4 ans à ses antipodes aura-t-elle perdu en expérience et en maturité ?
Non bien sur car la majeure partie de ses talents actuels seront surement sur le pré dans la force de l’âge et d’autres viendront grossir leurs rangs
Alors oui on pourrait légitimement pointer un arbitrage laxiste pour nos bourreaux
Mais quel intérêt pour l’avenir de rajouter de la colère et frustration à de la tristesse ? car nous ne pouvons plus revenir sur ce qui est désormais écrit
Plutôt regarder le chemin que nous avons parcouru depuis 4 ans
Quand Saint Eloi baptisa Clovis il eut cette formule : Brules tout ce que tu as adoré et adores tout ce que tu as brulé
Qu’avons-nous à bruler ? Qu’avons-nous de nouveau à adorer ?
Oui nous avons trébuché et ça fait très mal, croc-en -jambe ou pas
Oui nous serons plus forts en nous relevant même si cela peut sembler si abstrait et si lointain, voir si futile aujourd’hui
Alors oui il avait raison Sexton : il faut travailler dur pour que nos rêves deviennent des réalités
Nous avons le droit d’être abattus aujourd’hui ; mais nous devons repartir au travail
Parce qu’il n’y a pas grand-chose à jeter et surtout pas l’espoir et la croyance dans les promesses d’un avenir radieux pour notre équipe de France
Et parce que nos joueurs sauront transformer ce vécu là en forces pour demain
Tel un Séville rugbystique ?