RUGBY. Top 14. Pourquoi Sébastien Vahaamahina (ASM) pourrait soudainement raccrocher les crampons ?Dans une interview exclusive donnée à l'Équipe, l'ancien deuxième ligne du XV de France Sébastien Vahaamahina explique qu'il ne rejouera plus au rugby. Le joueur de Clermont va raccrocher les crampons. Mais sa carrière s'est terminée il y a de ça plusieurs semaines lorsqu'il a subi un choc à la tête, lui fracturant le nez, lors du match de Champions Cup face aux Stormers au Michelin. Depuis, le Tricolore n'a plus rejoué. "J’ai subi une fracture du nez et une commotion. En six ans, c’est la dixième répertoriée", explique-t-il au journal. Deux jours après, le couperet est tombé : "les médecins du club me disent que c’est trop et qu’ils sont favorables à un arrêt de carrière." Les jours et les semaines qui ont suivi ont été très compliquées avec notamment plusieurs opérations lourdes. Particulièrement pour boucher une brèche dans son crâne de laquelle s'échappait du liquide céphalo-rachidien.
J’ai voulu voir mes enfants le jour de Noël mais j’ai à peine tenu dix minutes. J’ai même cru que j’allais mourir, ne plus jamais remarcher, vivre avec des maux de tête violents toute ma vie. Je dormais quinze heures par jour depuis le 10 décembre.
Désormais, les symptômes ne sont plus aussi violents mais il connait les conséquences possibles de tant de chocs à la tête. "Je vis avec une épée tranchante au-dessus de ma tête. Je sais que les démences, Alzheimer et toutes ces maladies dégénératives peuvent désormais se déclencher. Cela peut être le cas dans trois ans comme jamais… " Il sait aussi que le rugby, c'est terminé. Ce qu'il n'accepte pas en revanche, c'est la manière dont le club aurait géré la situation. Ce qu'il aurait voulu, c'est "qu’ils reconnaissent leurs responsabilités et qu’ils honorent leurs engagements contractuels". Mais en dépit de ses lettres et de ses tentatives de prise de contact, il n'aurait pas eu la réponse qu'il attendait. Il se dit profondément déçu par la direction. "Ils auraient pu me faire une proposition décente et claire pour terminer correctement mon histoire avec le club." Il a donc l'impression d'avoir été oublié. Il pensait mériter plus de respect après les neuf années passées sous les couleurs clermontoises.
Ils sont pressés d’en finir avec moi. Tout cela est injuste. Ils n’assument pas. On est comme des voitures pour eux. Et quand on est foutu, on part à la casse.
ASM CLERMONT - Alexandre Lapandry, entre incertitude et sécuritéIra-t-il devant la justice comme les anciens joueurs de l'ASM Jamie Cudmore et Alexandre Lapandry qui ont déposé plainte contre l’ASM pour « mis en danger de la vie d’autrui », comme le rappelle L'Équipe ? Il n'espère ne pas en arriver là et qu'un accord sera trouvé. Peut-être avec la nouvelle direction puisque Jean-Michel Guillon sera remplacé dans quelques semaines par Jean-Claude Pats. Ce nouveau cas pourrait cependant avoir plus de répercussions. Selon Vahaamahina, les délais de repos après commotions n’auraient pas été respectés à plusieurs reprises. "En 2021, par exemple, j’ai subi deux commotions déclarées à sept jours d’intervalle. Si on m’avait laissé plus de temps entre chaque commotion, je serais peut-être toujours en train de jouer." Son licenciement pour inaptitude serait en cours d'après ses dires. Pour l'heure, Clermont n'aurait pas réagi à ces déclarations. Sébastien Vahaamahina se dit prêt à aller devant la justice "pour faire valoir [ses] droits et reconnaître leurs torts".
Les chocs à la tête
En deux catégories
Les chocs de faible intensité, aussi bien en match qu’en entrainement en deçà d’une commotion ressentie
Que certains appellent sous-commotion et qui par leur répétition vont entrainer avec une probabilité forte des maladies cérébrales dégénératives à distance de la pratique sportive
Là on est clair : le rugby s’en moque totalement
Les chocs entrainant des commotions cérébrales dites sévères ; celles-là elles font peur au rugby car une suivante sur ce terrain cérébral dégradé peut avoir des conséquences immédiates gravissimes pouvant aller jusqu’au décès
Donc mise en place de procédures pour que le joueur ne puisse reprendre son activité professionnelle que lorsque le risque redevient à la normale
C’est quoi un risque normal me direz-vous ?
Et bien c’est que la commotion suivante ne présente pas plus de risque immédiat que si la précédente n’avait pas existé
Et si le risque pour le joueur ne revient pas à la normale ? fastoche : on lui supprime sa licence et le tour est joué
Alors au final qui protège-t-on ? le rugby ou le joueur ?
Le rugby ? surement même si cette protection est illusoire à moyen terme, tellement il va arriver le moment ou le lien entre la pratique de ce métier et les conséquences dégénératives se fera y compris surement devant la justice
Le joueur ? oui dans un certain sens : en l’empêchant de prendre un risque mortel ou de traumatisme grave immédiat
Mais surement pas l’homme qui joue au rugby ; car lui il va attendre le jour on les symptômes ces maladies dégénératives vont se déclarer ..ou pas
Des chercheurs canadiens estiment que le nombre maximum de commotions sévères au delà duquel le risque d’un avenir dégradé est de…3
Et que 70% à 80% des anciens joueurs pro de foot américain vont vivre cet enfer à plus ou moins haute intensité
Et pour Vahaa ?
« En six ans, c'est la dixième répertoriée. Il y en a eu d'autres mais elles n'ont apparemment pas été enregistrées dans mon dossier médical. J'ai des symptômes de plus en plus fort après chaque commotion, avec un impact sur ma vie de joueur de rugby professionnel mais aussi sur ma vie privée. »
Et puis il y a la forme et là on retrouve des points communs dans les déclarations de Lapandry et de Vahaa
Des mensonges bien sur selon les joueurs, des liens coupés du jour au lendemain et aucune communication, empathie ou volonté de prendre une partie du fardeau ou de les aider dans cette période horrible ; non tout s’arrête brutalement
Et des négociations qu’on fait trainer longuement pour ne jamais aboutir….
On parle avec ces deux joueurs de deux vieux soldats de Clermont ce qui rend encore plus inadmissible cette attitude si elle est avérée
Et je me demande ce qu’en pense les autres joueurs ?
Car là qu’on le veuille ou pas il y a un contrat moral qui saute
Philippe Chauvin nous expliquait que la notion de famille dans le rugby était une hypocrisie totale et une forme de manipulation.
Une pierre de plus dans le jardin du rugby ?
Que le rugby arrête de se mentir à lui-même et de mentir aux autres
Car comme dit un proverbe juif
Avec un mensonge, on va très loin, mais sans espoir de revenir en arrière
Je ne sais pas si Clermont a un problème particulier sur ce sujet (j'en doute vis-à-vis des autres clubs), ou si la parole des joueurs (ex) se libère là-bas plus facilement suite aux précédents, mais ce club que je tiens en haute estime va clairement devoir se sortir les doigts et arrêter les communiqués bidons car ça commence à largement ternir leur image. En tout cas il y a quelque chose de nauséabond dans son rapport à l'humain visiblement.
Quant à Vahaamahina, je ne peux que lui souhaiter bon courage pour la suite, en espérant qu'il ne soit pas déjà trop tard. Avec les hauts et les bas qu'il a connu et provoqué, merci tout de même pour tout !